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le projet

Association « Penser le corps à Dakar »
PROJET DE PSYCHOMOTRICITE A L'HOPITAL PSYCHIATRIQUE DE THIAROYE AU SENEGA
2007

SOMMAIRE


PARTIE I : PRESENTATION DE L'ASSOCIATION
ET DU PROJET page 4



I / L'ASSOCIATION « PENSER LE CORPS A DAKAR » page. 4

A. Qu'est-ce que la psychomotricité ?
B .Composition de l'équipe

II / LE PROJET page. 5

A. Le montage du projet
B. Les objectifs que nous nous étions fixés




PARTIE II : CULTURE ET MALADIE MENTALE
AU SENEGAL page 7



I / QUELQUES REPERES CULTURELS page 7


II / HISTORIQUE DE LA MALADIE MENTALE AU SENEGAL page 8






PARTIE III : L'ACTION SUR PLACE page 10


I / LA DECOUVERTE DU FONCTIONNEMENT DE
L' HOPITALDE THIAROYE page 10

A. L'histoire de l'hôpital psychiatrique de Thiaroye
B. L'organisation actuelle
1. L'organisation spatiale
2. L'organisation du personnel
3. La prise en charge thérapeutique du patient
4. Le rayonnement de l'hôpital et son devenir


II / NOS ECHANGES AVEC LE PERSONNEL SOIGNANT page 12


III / LA MISE EN PLACE D'UN ATELIER D'EXPRESSION CORPORELLE ET MUSICALE page 13

A. Les réactions du personnel que nous avons pu observer
B. Les réactions des patients
C. Après notre départ


PARTIE IV : CONCLUSION page 15




REMERCIEMENTS page 16


PARTIE I : PRESENTATION DE L'ASSOCIATION ET DU PROJET

I/ L'ASSOCIATION « PENSER LE CORPS A DAKAR »


Créée en novembre 2006, cette association est née de la volonté de découvrir et de faire découvrir la psychomotricité dans le cadre d'un échange interculturel entre le Sénégal et la France. Elle est composée d'étudiants en école de psychomotricité à l'ISRP (Institut Supérieur de Rééducation Psychomotrice).

A. Qu'est-ce que la psychomotricité ?

C'est avant tout un suivi qui recherche la prise de conscience du corps. Elle vise à l'harmonie des fonctions motrices (la marche, la course, les coordinations...) et psychiques (mémoire, attention...). Elle contribue au développement de la personnalité et donc à la structuration psychique et corporelle de l'individu. Sa spécificité réside dans l'écoute et l'attention particulières portées aux manifestations corporelles et leurs significations.
Elle s'inscrit dans une prise en charge pluridisciplinaire du patient, en effet, elle fait le lien entre une approche essentiellement organique et une approche essentiellement psychologique. En agissant de façon globale, on cherche à utiliser toutes les possibilités de mouvement, d'expression, de relation par le biais notamment, de médiations corporelles telles que la musique, la danse, le théâtre et la relaxation.
L'action du psychomotricien vise donc à établir une relation, un dialogue corporel.

Dans cet esprit, nous avons voulu comparer le rapport au corps dans la société occidentale et africaine. En effet, la vision du corps diffère selon les cultures. Il nous a donc paru intéressant d'élargir nos connaissances anthropologiques du corps en dehors de nos frontières. Lié à cela, nous voulons apporter nos connaissances issues de notre formation, aux encadrants de l'institution au sein de laquelle nous agirons. Nous avons choisi de faire notre projet dans le cadre de structures accueillant des personnes atteintes de maladies mentales (troubles psychotiques, autistiques...) ou souffrant de pathologies telles que la toxicomanie.... Ce choix résulte de notre volonté de se spécifier à la pathologie mentale, en générale, en lien avec notre formation. En effet, actuellement, nous sommes en stage à l'année, à Paris, dans des structures d'accueil de personnes atteintes de troubles psychiatriques.


II/ LE PROJET
A. Le montage du projet

Pour monter ce projet :

1 / Nous avons mis en place plusieurs groupes de travail :
Ecriture du projet : Réflexion autour des différents objectifs de notre projet
Recherche de contacts : Par rapport aux hôpitaux de Dakar, prise de contact avec la directrice de l'hôpital de Thiaroye puis échanges via Internet et le téléphone. Par rapport aux besoins sur place (transport, guide sur place...)
Recherche ethno psychiatrique : Deux types de recherches ont été mise en place, un groupe travail sur la vision du corps et du handicap au Sénégal et un groupe étudie la société, la culture et la vie quotidienne. Cela nous permet de nous adapter au mieux à la vie sur place.
Financement : Mise en place d'actions, recherche de partenaires. Des réunions sont mises en place chaque semaine pour se transmettre les informations et faire évoluer au mieux le projet.

2 / Nous nous sommes montés en association loi 1901

3 / Nous nous sommes mis en accord avec l'hôpital psychiatrique de Thiaroye quand à la venu de notre association dans leur établissement. Nous avons cherché à cerner leurs attentes pour adapter notre projet au mieux.
4 / nous avons organisé le départ de trois membres de l'association (vaccins, billets d'avion, logement sur place ...)


B. Les objectifs que nous nous étions fixés

Nous avions pour objectif que notre projet se construise dans une réelle collaboration avec nos partenaires de Thiaroye. Ainsi nous le voulions adaptable et ré ajustable en fonction des besoins et de la situation sur place.
Nous avions 3 grands objectifs :

1/ sensibiliser le personnel soignant à ce qu'est la psychomotricité et donc à l'intérêt d'une prise en charge corporelle auprès de patients présentant des maladies mentales.

2/ proposer des ateliers psychomoteurs tel que le théâtre, la musique, la danse, la relaxation, le cirque... afin de montrer leur intérêt thérapeutique. Ces ateliers étaient réfléchis pour leur mise en place peu coûteuse et leur adaptabilité à la culture sénégalaise ainsi qu'aux différents âges et aux différentes pathologies.

3/ l'échange et l'observation avec les patients et le personnel soignant afin de recueillir leurs impressions et pouvoir adapter aux mieux nos ateliers à leurs attentes et à la culture. Cet échange permettait ainsi un enrichissement de toutes les parties concernées.


PARTIE II : CULTURE ET MALADIE MENTALE AU SENEGAL I / QUELQUES REPERES CULTURELS

Lors de notre séjour, ainsi que par nos recherches, nous avons pu découvrir certains aspects de la culture Sénégalaise, plus particulièrement de la région de Dakar. Nous avons souhaité, dans cette partie, en exposer quelques bribes afin de pouvoir resituer notre travail dans son contexte culturel.

La langue :
La langue officielle est le français mais il existe différents dialectes au Sénégal dont le Wolof est le plus représenté dans la région de Dakar. De plus, le Sénégal étant une ancienne colonie française, la langue enseignée dans les écoles reste le français.

La religion :
Les Sénégalais sont à 90% Musulmans, néanmoins leurs pratiques religieuses différent selon le Marabout auquel ils croient. En effet, bien que ces courants religieux aient pour base le Coran, ils ont conservé des croyances plus anciennes qui tendent vers différentes philosophies de vie.
La religion est omniprésente, elle rythme leur quotidien notamment avec les prières qui résonnent dans la ville 5 fois par jour. De plus, leur représentation du monde et du destin de chacun est directement liée à Allah.

La polygamie :
La polygamie est autorisée et largement répandue au Sénégal. Ainsi un homme peut se marier avec au maximum 4 femmes, le nombre de femme démontrant une certaine richesse. Néanmoins, il peut s'engager lors de son premier mariage à rester monogame. D'ailleurs, il semble que de plus en plus de femmes aspirent à la monogamie actuellement.

La place de la femme dans la société :
Dans la société Sénégalaise, la femme dépend de l'homme, ainsi son existence sociale tient à son rang de fille ou d'épouse. L'accord de son père ou de son mari est nécessaire pour suivre des études, travailler,...
La femme s'occupe du foyer, de l'éducation des enfants. Elle gère le quotidien de la famille... elle est donc au centre de la famille. Beaucoup de femmes travaillent et certaines peuvent accéder à des postes à important. (Rappelons que l'hôpital psychiatrique de Thiaroye est actuellement dirigé par une femme et qu'on a déjà vu une femme ministre au Sénégal !)


L'accès à la culture :
L'école n'est pas obligatoire, de plus elle est payante. Les familles envoient prioritairement leur fils à l'école. Ainsi les hommes parlent plus souvent le français et peuvent accéder plus facilement à des postes à responsabilité.
Le système d'étude se base sur le système français, par exemple un médecin fait autant d'années d'étude qu'en France.

Le rapport à la maladie :
La plupart du temps, la maladie est liée aux esprits ainsi le malade est envoyé en premier lieu et souvent exclusivement chez le guérisseur. Il faut savoir que chaque guérisseur est spécialisé dans un domaine médical. Le patient est alors « désenvoûté » grâce à des prières, des sacrifices d'animaux et parfois des remèdes à base de plantes.
C'est donc souvent en dernier recours que les familles emmènent le patient vers la médecine moderne.
Nombreuses sont les personnes qui croient alors en l'efficacité « magique » du médicament.


II / HISTORIQUE DE LA MALADIE MENTALE AU SENEGAL

Cet historique de la maladie mentale au Sénégal nous a été fournis par l'hôpital psychiatrique de Thiaroye à travers leur projet d'établissement.
Au Sénégal, l'histoire de l'assistance psychiatrique a été calquée sur celle de la France car elle a été initiée par les colons français.
L'histoire de l'assistance comporte 3 phases successives :
1. Avant la colonisation :
Méthodes de traitement des troubles mentaux pratiquées par des guérisseurs traditionnels et religieux (marabout). Ces méthodes sont toujours utilisées à l'heure actuelle.
2. Pendant le colonisation :
Une place minime était réservée aux problèmes de santé mentale dans les grands projets de santé publique. Au congrès de médecine aliéniste et neurologiste de Tunis en 1912, il a été souligné la nécessité :
-de former des psychiatres coloniaux
-d'élaborer une législation concernant les aliénés dans les territoires d'outre mer.
-de construire des établissements de soin.
Cependant les réalisations dans ce domaine vont s'avérer insuffisantes. Les services psychiatriques étaient insuffisants où très peut développés, et s'inspiraient du model asilaire occidental (cellules d'isolement, cabanons fermés, pavillons asilaires fermés).
Dans toutes les structures d'enfermement les malades étaient gardés par des militaires ce qui témoignait du peut d'intérêt accordé à la santé mentale.
3. En 1956 :
Fut construit le pavillon de psychiatrie du centre hospitalier de Fann dans la proche banlieue de Dakar. Son objectif était d'enfermer les malades et de les traiter. L'isolement du malade favorisait la chronicité des troubles.
En 1959 sous l'impulsion d'un psychiatre français H. COLOMB l'équipe de Fann fait appel à des travailleurs sociaux, des psychiatres, des sociologues et des ethnologues pour s'atteler à de profonds aménagements institutionnels, à la formation du personnel et à la recherche d'alternatives à l'hospitalisation de type asilaire.
En 1960, le Sénégal accède à l'indépendance. Dakar devient la capitale et les autres villes connaissent une poussée démographique importante. Cette croissance incontrôlée des villes amène des conditions de vie précaires, ce qui pause de graves problèmes de santé publique (mortalité infanto-juvénil, délinquance juvénile, conséquences médico psychologique et sociale). Ces modifications du mode de vie communautaire habituel rendent de plus en plus difficile l'intégration du malade dans la société.
Pour faire face à l'augmentation de la demande de soin et aux problèmes posés par « l'encombrement humain » il fut décidé la création de l'hôpital psychiatrique de Thiaroye en 1961. En l'absence de cadre juridique propre à la prise en charge des malades mentaux, les psychiatres ont privilégiés la thérapie communautaire en milieu ouvert avec la participation de la famille.
La nécessité de former les personnels de santé se fait sentir. En effet, les institutions de Fann et de Thiaroye ne permettaient pas une évolution rapide et favorable du malade qui était admis.
Les efforts d'aménagement ont permis de rendre l'hôpital plus fonctionnel avec l'introduction de famille des malades (chaque malade doit être accompagné d'un membre de sa famille pendant toute la durée de son séjour à l'hôpital), et les thérapeutiques de groupe inspirées des groupes communautaires villageois (« PENC »), les activités occupationnelles habituelles (thé, jeu).
Une réflexion basée sur l'expérience de Fann et de Thiaroye a permis l'élaboration de textes de loi précisant les conditions et les modalités d'hospitalisation et de traitement des malades mentaux et un programme global d'assistance psychiatrique pour couvrir l'ensemble du pays.



PARTIE III : L'ACTION SUR PLACE
I / LA DECOUVERTE DU FONCTIONNEMENT DE L'HOPITAL PSYCHIATRIQUE DE THIAROYE

A. L'histoire de l'hôpital

Toutes ces informations sont tirées du projet d'établissement de l'hôpital de Thiaroye :
« Le centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye (CHMPT) est situé dans la commune d'arrondissement de Thiaroye sur mer, département de Pikine, région de Dakar.
Son ouverture en 1961 avait pour but de renforcer le service de psychiatrie de Fann. L'idée de dépotoir pour malade chronique a longtemps prévalu pour cet hôpital. Par la suite, il a été prévu une division fermée pour les malades faisant l'objet d'internement à la suite d'actes médico-légaux ou de conduites délictueuses.
De plus il continue comme par le passé à accepter des malades interpellés dans les rues par les agents des sapeurs pompiers, de la police ou de la gendarmerie ou adressés directement par des psychiatres. Il n'y a pas d'ailleurs que des malades mentaux dans ces lots de « raflés » : on y trouve des mendiants, des clochards ou des lépreux, autant de catégories de personnes rentrant dans l'appellation « encombrement humain ».
Au moment de sa création le CHMPT comportait :
-la division I ou étaient hospitalisés les hommes
-la division II ou étaient prises en charge les femmes
-le bloc administratif
-une cuisine
-une morgue
-la division III (créée en 1969) dite « pavillon des raflés » (malades errants et marginaux)
-la division IV (créée en 1996) appelée « clinique » qui accueil des patients ayant un niveau de vie plus élevé. »


B. L'organisation actuelle

1. L'organisation spatiale

L'hôpital est un lieu ouvert ainsi les patients peuvent sortir dans la ville s'ils le désirent
L'hôpital est subdivisé en compartiments techniques et administratifs :
-bloc administratif
-2 pavillons de consultation externe (un pour les adultes et un pour les enfants)
-4 blocs de consultation externe et d'hospitalisation appelés « divisions ». Les divisions sont aujourd'hui mixtes et tous les publiques y sont accueillies. Les patients et leur accompagnant sont hébergés dans des chambres à 6 lits ou à 2 lits selon leurs moyens. Il existe également des cellules pour les patients potentiellement dangereux.
-2 pharmacies
-une cuisine
-une morgue
- un laboratoire d'analyse médicale équipé d'un EEG et également de matériel pour les électrochocs.


2. l'organisation du personnel

Chaque division est composée d'une équipe soignante comprenant :
-un psychiatre : il s'occupe du premier accueil des malades. Il fait l'entretient, la première prescription, et le suivit du patient hospitalisé afin de réajuster le traitement si besoin.
-un assistant social : il réalise les dossiers nécessaires au remboursement des médicaments et de l'hospitalisation des patients les plus démunis. De plus, il fait le lien avec la famille, et s'intéresse à l'histoire de la maladie, pour améliorer la thérapie et faciliter la réinsertion du malade. De plus, il organise régulièrement une séance de « penc » ( groupe de parole )
-un major : Ce poste est occupé par des infirmiers. Il s'occupe de la coordination de la division, il peut prendre le relais du médecin dans le suivit en ambulatoire du patient.
-des aides-soignants : Ils donnent le traitement au patient, et ils réalisent un suivit de son état général.
-des garçons de salle : Ils veillent à la sécurité de tous.



3. la prise en charge thérapeutique du patient

Les hospitalisations sont de courtes durées (environ 15 jours – 1 mois). En effet, il est important que le malade ne perde pas sa place sociale, il doit donc retourner dans sa famille assez rapidement. La thérapie reste alors essentiellement médicamenteuse et recherche la stabilisation rapide du traitement du patient.
De plus, pour conserver ce lien social, le patient hospitalisé est toujours accompagné (le jour comme la nuit) d'une personne de sa famille ou d'un mercenaire (personne payée par la famille).
Une prise en charge plus psychologique est organisée régulièrement par les assistants sociaux : « le penc ». Ce groupe de parole se base sur la tradition de « l'arbre à palabre ». Cette pratique ancienne avait pour but de réunir tous les anciens du village sous un arbre afin qu'ils discutent des problèmes existants dans le village.
Le « penc » réunit toute une division, que ce soit le personnel soignant, les patients, ainsi que les accompagnants. Lors de ce moment thérapeutique, les patients et leurs familles peuvent verbaliser leur vécu, et poser des questions aux professionnels. Cette pratique favorise donc les échanges au sein de la division, et permet également un suivit psychique du patient.


C. Le rayonnement de l'hôpital et son devenir

Il existe très peu de services psychiatriques au Sénégal, l'hôpital de Thiaroye étant le seul à accueillir essentiellement des adultes présentant des pathologies psychiatriques. De plus, toutes les personnes adressées par les préfets pour des hospitalisations d'office sont traitées au sein de cet hôpital.
Les patients transférés à l'hôpital de Thiaroye proviennent de toutes les structures sanitaires et hospitalières de pays et même de la sous région, notamment de la Gambie, du Mali, de la Guinée Bissau, de la Mauritanie et de la Guinée Conakry.

Le projet d'établissement prévoit d'ici 2008, la modernisation des locaux, la construction de nouveaux bâtiments, l'achat de matériel (scanner, ...), et une diversification des prises en charge thérapeutiques (art thérapie, maraîchage..). Néanmoins, l'application de ce projet n'avait pas encore commencée pendant l'été 2007.


II / NOS ECHANGES AVEC LE PERSONNEL SOIGNANT

Dans l'objectif de notre association, nous avons voulu découvrir la place du corps dans la prise en charge du patient ainsi que dans le discours des différents membres de l'équipe. Nous avons donc été reçu par un grand nombre de professionnels très ouverts sur cette problématique. Même s'il nous a semblé que la prise en charge corporelle n'était que peu mise en place, il n'en demeure pas moins que les professionnels avaient déjà entamé une réflexion autour d'une mise en place d'une telle thérapeutique au sein de la structure. En effet, il y a quelques années, un groupe d'étudiants finlandais en ergothérapie était venu en stage à l'hôpital de Thiaroye ou ils avaient entamé une réflexion autour de l'intérêt d'une mise en place d'ateliers d'ergothérapie tel que la peinture, la danse, ou le maraîchage. Certains membres de l'équipe soignante avaient donc déjà réfléchis à cette question.
Nous avons essayé de voir tous les membres des différentes équipes, et nous avons réfléchis avec eux à l'intérêt d'une prise en charge corporelle des patients. Nous leur avons expliqué ce qu'est la psychomotricité, et nous avons cherché à adapter notre théorie et notre pratique à leur culture grâce aux connaissances qu'ils nous ont apportées.
En effet, ils nous ont apporté un regard spécifique à la culture sénégalaise notamment en nous expliquant le rôle des thérapeutiques traditionnelles et leurs impacts sur le lien entre le corps et le mental.
De là, nous avons repris l'idée de mettre en place un temps d'expression corporelle et musical après le PENC. Cette proposition a fait suite à un échange et à une implication de l'équipe soignante.


III / LA MISE EN PLACE D'UN ATELIER D'EXPRESSION CORPORELLE ET MUSICALE

Suite à une réflexion avec le personnel, nous avons choisi de mettre en place ce temps suite au PENC, comme le veut la tradition.
De plus, du fait que le PENC réunisse l'ensemble des patients et du personnel, ils sont alors tous présents pour participer à ce moment de groupe. Ce temps a également été réfléchi en lien avec le PENC : l'expression corporelle venant en complémentarité avec l'expression verbale.
Lors de cet atelier nous avons emmené un djembé, des maracas, des tambourins, et des calebasses mis à disposition des patients et du personnel. Ainsi, certains ont pu jouer des percussions, d'autres ont pu danser et d'autres ont pu chanter. Bien que tous les patients n'aient pas pris part activement à cette activité, ils sont quand même restés présents pour vivre ce moment.

A. Les réactions du personnel que nous avons pu observer

Le personnel a montré un vif intérêt pour ce temps d'expression corporelle. Dans une division, il a même été repris par un membre de l'équipe avec la volonté de poursuivre cette action au delà de notre départ. Ils nous ont fait part de leurs observations, chacun avec leurs regards spécifiques de professionnels. Par exemple, un psychiatre nous a évoqué la réminiscence pour une patiente démente de chansons de son enfance. Plus généralement, beaucoup de professionnels nous ont parlé de la découverte d'une autre facette de leurs patients et donc de l'intérêt pour la suite de la prise en charge.
Une aide soignante a également émis l'idée de diversifier cet atelier par un temps d'expression théâtrale.




B. Les réactions des patients

Plusieurs patients sont venus nous voir pour nous dire qu'ils avaient apprécié ce temps et qu'ils auraient souhaité le voir se renouveler plus souvent. Nous-même, nous avons pu constater un certain engouement de quelques patients. Par exemple, un patient maintenu en cellule et qui avait pu assister à cet atelier est venu nous voir pour nous remercier et pour nous dire qu'il avait vécu un instant « magique ».


C. Après notre départ...

Dans une division cet atelier a été conservé, en effet l'équipe soignante a su se réapproprier ce moment thérapeutique. Elle l'a adapté en demandant à un patient percussionniste de revenir chaque semaine afin de faire du djembé. Pour cela l'hôpital lui paye ses déplacements.
De plus nous gardons un contact régulier avec l'hôpital, ce qui permet aux équipes de nous tenir au courant de l'évolution de cet atelier, et d'échanger par rapport à leur vécu.
Nous espérons, en effet, continuer notre action au fil des années. Dans ce but, une psychomotricienne partira en Novembre 2007 pour soutenir notre action sur place et notre association travaille actuellement au départ d'autres membres à l'été 2008 pour poursuivre ce projet.


PARTIE IV : CONCLUSION


Notre stage n 'a duré que 3 semaines et 4 jours, pourtant il fut pour nous très intense et très enrichissant. Il a fallut nous adapter, comprendre un autre mode de pensée, une autre culture...
En effet, bien que nous ayons été très bien accueillis, il fut difficile, au début, de savoir quelle place prendre et comment nous présenter. Les demandes des soignants à notre égard étaient multiples. Etant Français, nous étions souvent soumis à toutes sortes de préjugés, stéréotypes ou fantasmes.
Le travail d'adaptation culturelle fut donc prédominant dans les premiers temps de notre séjour. En effet, ce brusque changement de repères nous a amené à une profonde confrontation avec notre culture occidentale, avec nos connaissances, entre nous et avec nous même. C'est donc l'identité de notre jeune association que nous avons due construire et affirmer.
Aujourd'hui, grâce à la disponibilité du personnel de l'hôpital de Thiaroye, de nos partenaires en France mais aussi grâce à nos sponsors sans qui rien n'aurait été possible, nous avons réussi à mener nos objectifs à bien. Pourtant le défi nous paraissait immense : créer une association, la faire vivre, définir sa place, l'ancrer dans un contexte et amorcer une relation profitable pour chacun des interlocuteurs.
Nous travaillons actuellement à la transmission de notre expérience dans le but de poursuivre notre action et de l'améliorer pour être au plus proche des besoins des patients.
Nous avons fait le premier pas cependant beaucoup reste à faire...



REMERCIEMENTS
Nous remercions toutes les personnes qui nous ont aidés tout au long de ce projet.

Nous remercions tout d'abord notre Ecole : L' ISRP (Institut Supérieur de Rééducation Psychomotrice) pour son soutien moral et financier.

Nous remercions les psychomotriciens qui nous ont aidés à élaborer ce projet notamment Mr Pitteri coordinateur de ce projet, et Madame Selmi.

Nous remercions également nos sponsors pour la confiance qu'ils nous ont accordée :
- La Mairie de Paris
- Le journal L'étudiant et la Caisse d'Epargne
- La papeterie Radigois

Et bien évidemment l'établissement qui nous a accueillis, et sans qui tout cela n'aurait pas été possible : l'Hôpital psychiatrique de Thiaroye au Sénégal. Nous remercions leur accueil chaleureux et leur disponibilité.

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# Posté le jeudi 20 mars 2008 15:27

Modifié le mardi 03 juin 2008 15:54

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